Education et COP21

Intervention de Catherine Chabrun (ICEM, Mouvement Freinet) à la COP21, au nom du collectif du CAPE

(refondation de l’école et des pratiques éducatives dont les RERS font partie)

lien pour le CAPE : http://collectif-cape.fr/collectif

 L’éducation, levier pour la transition

On entend, on lit un peu partout que tous les citoyens sont responsables du réchauffement climatique, mais le savent-ils ? En tout cas pas tous et certainement moins que la plupart des enfants et des jeunes !

On entend, on lit un peu partout que tous les citoyens seront les acteurs de cette transition écologique, mais le savent-ils ?

Et pourtant, même si les citoyens en France ont entendu parler du réchauffement climatique, peu ont les connaissances suffisantes pour en comprendre véritablement les enjeux et donc être acteurs de cette transition.

Ils sont allés à l’école – même si certains ont fréquenté des centres de loisirs, sont allés en colonie de vacances – ce n’est pas suffisant.

Une certitude, l’Éducation nationale est la première responsable, pour beaucoup de ses professionnels, l’objectif le plus répandu est de préparer aux évaluations, examens, au passage dans la classe suivante. Le lien avec la vie, la société, l’environnement est donc souvent absent.

Et pourtant, le monde est complexe et l’Éducation devrait apporter à tous les enfants, adolescents les moyens et les outils de lire et de comprendre le monde : donner sens, relier, tisser les savoirs et les connaissances pour comprendre son environnement. Ce qui est rarement le cas, car la formation cloisonnant les disciplines ne permet pas aux enseignants de pratiquer l’interdisciplinarité.

C’est notre engagement comme militants de l’Éducation populaire et des mouvements pédagogiques de former les enseignants, les éducateurs, les animateurs… pour qu’ils puissent devenir des acteurs conscients et responsables de cet objectif éducatif.

Les pratiques éducatives, pédagogiques et coopératives de nos associations visent les expérimentations, les découvertes, les apprentissages ancrés sur la vie, sur l’environnement culturel, social, familial… pour que l’enfant, l’adolescent en soit vraiment acteur. Mais toutes ces pratiques ne s’exercent pas dans n’importe quel milieu éducatif, il lui en faut un libérateur, coopératif et démocratique.

Dans nos projets éducatifs, l’étude de l’environnement qu’il soit naturel, social, culturel, scientifique… est au cœur des activités : recherches sur le milieu proche ou lointain, visites de sites, reportages, albums de découverte, exposés, correspondances, utilisations des médias, de la radio, du cinéma… Et pour tous ces projets : de l’élaboration au bilan en passant par les décisions, la participation de l’enfant, de l’adolescent est incontournable.

Car être un-e citoyen-ne ne se décrète pas le jour de ses 18 ans… c’est un long processus où tous les acteurs concernés, ensemble agiront et mutualiseront leurs expériences et leurs savoirs.

C’est notre engagement comme militants de l’Éducation populaire et des mouvements pédagogiques de participer à la construction d’un citoyen et d’une citoyenne participatifs et créateurs, pour nous une exigence politique, éthique et éducative !

Étudier l’environnement, c’est aussi le découvrir avec ses yeux, ses oreilles… tous ses sens

Dans les espaces où nous agissons que ce soient les établissements scolaires, les centres de loisirs, les ateliers périscolaires, les colonies de vacances, etc., les enfants, adolescents sortent. L’environnement proche est une véritable encyclopédie à ciel ouvert. Leur regard guidé, accompagné s’aiguise sur le monde vivant, la société, l’histoire, la géographie, la culture, les sciences…
Un objet échoué sur une plage, un torrent de montagne, un arbre au sol, un coup de vent, l’envol d’un cormoran, une femme très âgée, un fauteuil roulant, un violoniste dans le métro, une plaque de rue, une vieille maison, un quai de gare… seront des amorces de questionnements, de débats, de recherches et de travaux.

Rentrés, les enfants, adolescents échangent, proposent et élaborent des projets, ils décident accompagnés de l’adulte des suites à donner à toutes leurs découvertes, un véritable exercice régulier de la citoyenneté et de la participation dans un espace démocratique où empathie, compréhension, coopération, laïcité, diversité, mixité… ont toute leur place.

C’est notre engagement comme militants de l’Éducation populaire et des mouvements pédagogiques de participer à la construction d’un citoyen et d’une citoyenne éclairés, émancipés, capables d’agir sur leur territoire, en coopération avec les autres pour le protéger, l’améliorer et le transformer.

Si c’était possible dans tous les lieux éducatifs, les enfants, les adolescents d’aujourd’hui dans 20 ans… dans les quartiers, les villes, les villages auraient les capacités de participer et de prendre les bonnes décisions pour l’humanité et la planète.

Et c’est urgent !

Le dérèglement climatique détruit toutes perspectives d’un monde plus juste et solidaire. Ce sont les plus pauvres – et pourtant les moins responsables et qui souvent construisent des stratégies pour « vivre quand même » plus écologiques que celles des « donneurs de leçons » – qui seront frappés. Ils seront de plus en plus nombreux à être obligés de s’exiler. Les rejets et les violences qui en découleront mettront à mal nos démocraties.

Les conquêtes des droits humains et sociaux pourraient être anéanties plus rapidement que les hectares de terres recouvertes par les océans !

Un immense chantier de défense et d’élaboration coopérative des droits humains s’ouvre à nous et l’Éducation en est bien un levier essentiel.

 

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